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Actalité française

En s’attaquant au droit de grève des cheminots, traminots, etc., Sarkozy s’attaque au noyau dur du syndicalisme de lutte en France comme Thatcher s’était attaquée aux mineurs en 1985 pour briser la résistance de toute la classe ouvrière d’outre-Manche.

Non seulement les cheminots ont mené la vie dure au gouvernement (souvenons-nous de décembre 95 !), mais les marins de la SNCM, les dockers, les traminots de Marseille et de Lyon, ont souvent porté des revendications offensives ces dernières années (notamment sur les retraites). Récemment les salariés d’Air-France ont porté une magnifique revendication antifasciste en refusant de seconder la politique raciste de Sarkozy qui transforme les avions en paniers à salades pour renvoyer chez eux d’honnêtes ouvriers et étudiants à la peau sombre.

 

Mais il y a une deuxième raison pour que Sarkozy attaque les transports : depuis le traité de Rome de 57, le capitalisme français s’est financiarisé à outrance ; il a abandonné l’essentiel de l’industrie lourde à l’Allemagne et délocalisé une bonne partie de l’industrie légère dans les « pays émergents » ; en revanche les transports n’ont cessé de croître dans notre pays, qui est situé au cœur de l’Europe et qui joue un rôle stratégique dans le transport des marchandises européennes nécessaire à l’économie capitaliste européenne « à flux tendu » : tout ou presque, transite par la France à défaut d’y être fabriqué. D’où le développement des autoroutes (privatisées), du TGV (aux dépens des lignes régionales), du transport aérien déréglementé, etc. Le temps de transport est devenu un élément capital de la gestion de la main d’œuvre, de plus en plus éloignée des entreprises du fait de la hausse des loyers dans les villes. Une part essentielle de la plus-value capitaliste, non seulement « française », mais européenne, se fait dans le transport qui n’est pas, du point de vue marxiste, un simple « service » mais un moment-clé de la production des marchandises (si bien que ces travailleurs sont aujourd’hui au cœur du prolétariat français).

 

Cela signifie que toute grève des transports en France donne immédiatement lieu à un énorme tapage dans les « milieux européens » du patronat (Blair s’est permis de sermonner publiquement le gouvernement français qui laissait faire les grèves des salariés et des artisans routiers sans envoyer l’armée, comme le Premier britannique l’a fait quand certains salariés anglais de la route eurent eu l’idée de bloquer des raffineries).

 

L’enjeu de classe est donc énorme et il dépasse la France. Cela montre du même coup l’énorme puissance sociale dont disposent les salariés des transports s’ils s’entendent, pour défendre ensemble leur droit de grève et leurs revendications générales et particulières, pour faire plier le patronat européen : quelle force si on s’y met tous ensemble, salariés de la route, du rail, de la filière maritime, des bus, de l’aéroportuaire, en comprenant qu’en tant que travailleurs nous ne sommes pas concurrents mais solidaires.
Qu’il est étrange que lors des grèves de la SNCM, des dockers de Marseille, des traminots, des cheminots, les états-majors syndicaux n’aient rien fait pour faire converger ces mouvements ! Alors, développons la solidarité à la base, car le choix est bien de perdre séparément contre le MEDEF et le gouvernement, avec à la clé la terrible privatisation à l’anglaise de la SNCF et de la RATP, les salaires lituaniens dans les camions de ND, l’éviction du dernier marin francophone sur les bateaux « français », OU BIEN de gagner ensemble en entraînant dans la lutte les autres salariés et les étudiants aux prises avec la terrible contre-réforme de l’université !

 
Par Renaissance Communiste - Publié dans : Actalité française
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