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Pôle de Renaissance Communiste en France
et des Jeunes pour la Renaissance Communiste en France
Vendredi 6 avril 2007 5 06 /04 /2007 14:16

Texte adopté lors de la Convention Nationale de la Renaissance Communiste PARIS 17-18 JANVIER 2004

I/ LA SITUATION MONDIALE

Nous vivons une situation mondiale et continentale caractérisée par l’offensive débridée de la pire réaction anti-populaire et contre-révolutionnaire. Mettant à profit la destruction de l’Union Soviétique et le déséquilibre mondial qui s’en est suivi dans le rapport des forces entre capital et travail, entre impérialisme et forces populaires, la re-mondialisation du capitalisme se traduit par une avalanche de mauvais coups et d’agression contre la paix mondiale, la souveraineté des nations, les libertés démocratiques et syndicales, les droits de la femme et de l’enfant, les conquêtes sociales des travailleurs. Emmenée non sans contradiction par l’impérialisme américain, cette offensive réactionnaire prend un tour de plus en plus fascisant et totalitaire. Bafouant l’ONU qui n’est pourtant que leur instrument et le droit international qu’ils ont eux-mêmes établi, l’équipe d’intégristes milliardaires groupée autour de Bush a programmé une série d’agressions, d’invasions, de blocus, de boycotts, d’ingérences ouvertes dont le but réel est d’assurer à l’Empire-gangster qui siège à Washington, une hégémonie complète sur le monde. Cette entreprise impériale, la plus dangereuse depuis le IIIème Reich, suscite contre elle des réticences de plusieurs des alliés occidentaux des USA qui redoutent d’être écartés du re-partage impérialiste du monde. Libéré du contrepoids que constituait le camp socialiste, face à sa nature foncièrement guerrière et liberticide, le capitalisme conduit l’humanité vers une phase de barbarie et de mise au pas généralisée qui pourrait bien s’achever par une 3ème guerre mondiale, aux conséquences dévastatrices pour l’avenir de notre espèce et de la vie sur terre. Plus que jamais, il faut prendre conscience de la dimension exterministe de ce système historiquement à bout de souffle malgré son verbiage pseudo-moderniste. Sous des formes nouvelles, cachée derrière le drapeau usurpé de la démocratie et des droits de l’homme, la bête immonde de la guerre mondialisée, de l’intégrisme, du néo-fascisme, de l’anti-communisme et de la contre-révolution surgit de nouveau du ventre toujours fécond de l’exploitation de l’homme par l’homme étendue à l’échelle planétaire. Il faut tout faire pour briser à temps l’aventurisme de ce système irresponsable et irrationnel qui, à coup de “croisades” contre “l’empire du mal” soviétique et de “guerres sans limite” contre les prétendus “Etats voyous”, est à la tête d’une entreprise générale de décivilisation qui pourrait s’achever par une nouvelle “solution finale” pour l’espèce humaine. C’est pourquoi toutes les forces progressistes , émancipatrices et anti-impérialistes doivent d’urgence s’unir pour faire face à l’Empire gangster et à ses relais.

II/ SUR L’EUROPE DES TRUSTS CAPITALISTES

Pour résister efficacement à l’agresseur impérialiste, il serait illusoire et dangereux de miser sur l’Europe supranationale du grand capital. Pas seulement parce qu’une bonne partie de cette Europe est directement constituée de vassaux fidèles comme Tony Blair ou les régimes anti-communistes qui dirigent les ex-pays socialistes d’Europe de l’Est ; pas seulement parce que l’Europe supranationale n’est rien d’autre que le pôle continental de la mondialisation capitaliste dont les USA sont le gendarme ; mais aussi parce que ceux-là même qui dans l’Union Européenne s’oppose aux Etats-Unis, le font davantage sur la forme que sur le fond. L’axe Franco-allemand est en effet mû lui-même par ses propres intérêts impérialistes et sa motivation profonde n’est ni la souveraineté des peuples, dont l’UE est la négation directe en Europe, ni la paix mondiale ; mais les intérêts égoïstes des grandes sociétés impérialistes Ouest Européennes, rivales de leurs homologues américaines et japonaises dans le repartage du monde qui a suivi l’écroulement du camp socialiste et la déstabilisation consécutive des pays indépendants issus de la décolonisation. Ensemble (Yougoslavie, Afghanistan) ou séparément (Irak) selon les moments, ces prédateurs ne peuvent mener le monde que vers la guerre et l’insécurité permanente. Le rôle des vrais progressistes et à fortiori celui des vrais communistes ne saurait être en aucun cas de soutenir tel bloc impérialiste contre tel autre. En l’occurrence, il nous faut combattre l’idée que la construction d’une “Europe Puissance” comportant un Etat fédéral, une armée, etc. puisse être un contrepoids pacifique face aux USA. Ne confondons pas la nécessité de faire bloc contre l’impérialisme avec la mise en place d’un nouveau bloc impérialiste.
Chacun peut constater dans son propre pays à quel point l’UE née de Maastricht constitue une machine de guerre contre les classes populaires et la souveraineté de chacun des pays d’Europe : destruction de l’emploi industriel au nom du libre échangisme et des délocalisations, destruction de la paysannerie laborieuse, démantèlement des services publics et des acquis sociaux, recul des valeurs laïques aux profits des conceptions cléricales, amenuisement des libertés démocratiques et, dans de nombreux pays, montée de l’extrême droite (associée au gouvernement en Italie et en Autriche), officialisation de la chasse aux sorcières, criminalisation des partis communistes et du syndicalisme de lutte, l’UE née de la guerre froide et de la disparition des pays socialistes d’Europe est aujourd’hui un danger pour le progrès social et humain sur tout le continent européen.
C’est pourquoi, contrairement aux dirigeants euroconstructifs du PCF (c’est ainsi que la direction actuelle du PCF se qualifie elle-même), les militants de la Renaissance Communiste (FNARC) combattent frontalement l’Europe supranationale du grand capital, au nom de l’emploi, du progrès social, de la souveraineté de tous les pays d’Europe, de la paix mondiale et des libertés démocratiques. Pour nous militants Franchement Communiste, qui nous réclamons de l’héritage de Robespierre et de Valmy, de la Commune de Paris et des glorieux FTP, il n’y a pas lieu d’opposer le patriotisme républicain et populaire à la solidarité internationale des peuples et des travailleurs. Ce n’est pas sur la base d’un repli nationaliste, mais tout au contraire sur la base de l’anti-fascisme, de l’engagement anti-impérialiste, de la reconquête de la République et de la souveraineté de la France, de l’action pour une Europe des luttes ouvrières et démocratiques, dans la perspective du socialisme pour la France et du communisme pour le monde que nous exigeons, non pas l’illusoire réorientation progressiste de l’Europe supranationale, comme le réclament utopiquement la sociale-démocratie et la direction mutante du PCF, mais l’abrogation du traité de Maastricht et le retrait unilatéral de la France de l’UE. L’intégration européenne est en effet la stratégie fondamentale des forces du grand capital, qu’ils s’agissent de la droite libérale ou des socio-démocrates. Rompre franchement avec cette Europe est nécessaire pour tous ceux qui veulent mettre un terme à l’offensive patronale et réactionnaire sur notre continent, affronter le grand capital ou, ouvrir la voie à des développements révolutionnaires dans toute l’Europe.
En conséquence, Renaissance Communiste (FNARC) se prononce catégoriquement contre l’élargissement à l’Est de l’UE. Ce cadeau empoisonné aux peuples de l’Est et de l’Ouest va se traduire, dans les conditions présentes, par la déstabilisation totale du marché de l’emploi et du droit au travail des deux côtés du continent, avec la ruine de millions de paysans, de délocalisations en cascade, une concurrence terrible entre travailleurs, la division accrue du prolétariat continental et une situation de toute puissance du grand patronat capitaliste, de nouveaux obstacles dans la lutte pour le socialisme à l’Est et à l’Ouest du continent. De même, Renaissance Communiste se prononce-t-elle fermement et catégoriquement contre les projets de Constitution européenne dont le but réel est d’enterrer la souveraineté de chaque pays en mettant chaque peuple sous surveillance de la technocratie européenne. Tous ceux qui prennent la mesure des dangers et qui n’ont pas peur de marcher à l’affrontement des classes à l’échelle de l’Europe et de chaque pays doivent s’unir pour faire échec à cette constitution en liant la lutte contre l’Europe fédérale du capital au mouvement populaire pacifique et revendicatif de chaque pays.
Il est donc nécessaire aux communistes de tous les pays de l’Union Européenne de combattre frontalement l’Europe supranationale du grand capital, en liaison avec la lutte dans chaque pays contre l’offensive réactionnaire du patronat et des gouvernements, qu’ils soient de droite ou de « gauche », contre la remise en cause de toutes les avancées sociales, contre les privatisations, les délocalisations et les licenciements massifs, contre les graves attaques portées aux systèmes de retraite et de protection sociale, contre la déréglementation du travail et la précarisation de l’emploi, pour le progrès social la sauvegarde et l’élargissement des libertés démocratiques et pour la paix.
Tout en luttant pour détruire le carcan de l’Europe de Maastricht et rétablir la pleine indépendance nationale de chaque pays, qui constitue présentement le cadre le plus favorable pour la lutte de classe des travailleurs, celui dans lequel se mène le combat révolutionnaire pour que la classe ouvrière devienne la classe nationalement dirigeante, les communistes en Europe doivent coordonner leur action, internationaliser les résistances, et préparer ensembles et dans chaque pays les conditions de l’avènement d’une future Europe socialiste. Cela implique de faire revire l’internationalisme prolétarien.

III/ SUR LA CRISE DU MOUVEMENT COMMUNISTE INTERNATIONAL

Rien ne sert de parler de mouvement anti-impérialiste international si l’on ne fait pas d’abord tout son possible dans son propre pays pour résister et reconstituer, là où c’est nécessaire, les organisations de combat de la classe laborieuse. C’est à quoi travaille, dans des conditions difficiles, mais avec des avancées, la Fédération Nationale des Associations pour la Renaissance Communiste.
Dans un rapport de force mondial résultant de la survivance du capitalisme dans les pays économiquement les plus avancés, là où les forces productives sont à leur plus haut niveau et où se forgent les chaînes de l’impérialisme , le MCI a subi depuis son origine toute une évolution dont il conviendra de faire l’histoire critique. Cette situation a favorisé l’apparition, aussi bien dans les Partis au pouvoir des états socialistes que dans les Partis d’opposition dans les pays capitalistes, de tendances opportunistes et révisionnistes Après la dissolution de l’Internationale Communiste, les divergences et les contradictions apparues au sein du mouvement, accompagnées de fortes déviations nationalistes, ont brisé l’unité du MCI. Au final, la « nouvelle pensée »de Gorbatchev, sa politique liquidatrice et contre révolutionnaire équivalant à une véritable trahison, ont achevé la désintégration du MCI. Loin d’apporter au monde la paix et la prospérité en échange de l’autodestruction du socialisme, la perestroïka a dégagé la piste pour une offensive réactionnaire sans précédent depuis 70 ans. Et chacun est aujourd’hui à même de constater que le bilan, non du socialisme (si imparfaite que fut la première expérience socialiste de l’histoire) mais de sa destruction, est une catastrophe historique non seulement pour les peuples de l’Est mais pour tous les hommes et les femmes épris de paix, d’indépendance et de liberté. Non, on ne contient pas l’impérialiste en acceptant sa logique et son chantage exterministe.

IV/ LE PCF ET L’INTERNATIONALISME PROLETARIEN

Le PCF a participé pour sa part à la déliquescence du MCI. En aboutissement de toute une évolution dont nous avons aussi à faire l’histoire critique, il a abandonné dans le cours des années 70, les références à la dictature du prolétariat, au marxisme-léninisme, à l’internationalisme prolétarien. A partir des années 90, sous le nom de « mutation » la direction du PCF conduite par R. Hue et MG. Buffet a décidé de tourner le dos à l’héritage révolutionnaire du PCF. Elle a participé sans vergogne aux campagnes de criminalisations du communisme et de son histoire. ( Hue a cautionné l’émission TV consacrée au « Livre noir du communisme » du fascisant Courtois). Elle a justifié les privatisations, renié officiellement l’objectif du socialisme et participé au gouvernement social-libéral de Jospin en levant le préalable du retrait de la France du traité de Maastricht. C’est avec la caution active des trois ministres « communistes », dont l’actuelle secrétaire nationale MG. Buffet, que le gouvernement de la « gauche plurielle » a participé à la guerre impérialiste contre la Yougoslavie. Faut-il s’étonner que, dans ces conditions, des centaines de milliers de militants aient quitté le PCF et que celui-ci, qui était encore le premier parti de France en 1977, n’ait obtenu que 3,3% des voix en 2002 ( 2,3% du corps électoral.) ? La direction du PCF a rompu avec toute pratique de l’internationalisme prolétarien, elle a refusé de participer à nombre de réunions internationales des partis communistes, abandonné la défense des pays socialistes existants, multiplié les prises de positions hostiles à l’égard du PC Cubain ou du Parti du Travail Nord Coréen, pris l’initiative de la création d’un parti de la Gauche Européenne inspiré des statuts et financé par l’ Union Européenne.
Dans ces conditions, tout en tendant la main aux milliers de communistes qui ont voté contre les choix de la direction mutante, la FNARC a décidé de faire de la construction d’un « Pôle de Renaissance Communiste » sa priorité politique. Ouvert à la fois aux adhérents révolutionnaires du PCF, aux centaines de milliers de communistes qui ont quitté le Parti et aux éléments avancés de la jeunesse et du mouvement ouvrier, ce pôle agira dans l’unité avec tous les militants opposés à la mutation pour faire vivre sur le terrain une authentique politique communiste fondée sur :
- l’ancrage prioritaire dans la classe ouvrière, dans les entreprises et les quartiers populaires, en mettant au centre de son action l’antagonisme capital travail ;
- la réappropriation et le développement créateur du Marxisme-léninisme, dont la vitalité doit s’éprouver, non dans des formules incantatoires, mais dans la capacité à éclairer le mouvement du monde moderne dans toutes ses dimensions, scientifiques, politiques, économiques ;
- le rejet catégorique du révisionnisme et du négationnisme historique, notamment le refus de la criminalisation de l’histoire du communisme et du mouvement révolutionnaire. Il est particulièrement important pour des Marxismes d’étudier la première expérience historique de construction du socialisme, ses fulgurantes avancées, comme ses blocages, ses déviations et sa défaite dans des conditions historiques données. A l’opposé de toute démarche d’autoflagellation et d’autophobie communiste comme de toute nostalgie impuissante, il s’agit d’éprouver notre capacité collective à résister à la guerre idéologique menée par l’adversaire de classe, de tenir bon sur la supériorité de principe du socialisme sur le capitaliste et d’éclairer le projet révolutionnaire de l’avenir à partir de l’analyse critique la plus exigeante des succès et des échecs de l’expérience issue de la Révolution d’Octobre et de ses prolongements historiques ;
- le combat révolutionnaire pour le socialisme et le communisme qui nécessite plus que jamais le pouvoir politique de classe des travailleurs et l’appropriation sociale des grands moyens de production et d’échange, aujourd’hui monopolisés et stérilisés par la recherche sans frein du profit privé. Cela passe par une nouvelle stratégie communiste en rupture avec la vielle union de la gauche qui a été durement sanctionnée par l’électorat populaire. Il s’agit au contraire, sur la base du combat de classe anti-capitaliste, de construire dans les luttes un large rassemblement populaire majoritaire incluant, autour de la classe ouvrière conçue dans toute sa modernité, l’ensemble des couches non monopolistes qui subissent durement la politique du grand capital. Sans craindre l’affrontement de classe, il s’agit de mettre au premier plan la rupture avec l’Europe de Maastricht, la reconquête de la souveraineté politique, économique et sociale de la France, la construction de l’Europe des luttes, la mise hors d’état de nuire du fascisme et du racisme, tout cela dans la perspective du renversement du capitaliste et de la transformation révolutionnaire de la société ;
- enfin le futur Pôle de Renaissance Communiste affirmera clairement sa volonté, contre les différentes variantes du trotskisme, de continuer le véritable PCF en assumant le meilleur de l’héritage révolutionnaire de ce parti, celui du Congrès de Tours, du Front populaire, de la Résistance, de la Libération, des luttes anti-colonialistes avec le droit à l’autodétermination des DOM-TOM, du combat incessant pour unir le drapeau rouge des travailleurs au drapeau tricolore de la nation, dans la lutte pour le progrès social, la paix, la démocratie, l’indépendance nationale et le socialisme.

V /POUR UNE UNITE DE COMBAT ANTI-IMPERIALISTE

Face à la mondialisation capitaliste, la mondialisation des guerres impérialistes de l’Empire gangster de Washington, face à l’Europe supranationale, cette coalition des forces anti-populaires du continent, il faut absolument tout faire pour réactiver pas à pas le front anti-impérialiste mondial, le Mouvement Communiste International et l’union de combat des communistes de l’UE .
Le front anti-impérialiste mondial comporte objectivement et potentiellement des forces puissantes capables d’arrêter la dynamique mortelle de l’impérialisme.
- Les pays socialistes ou à orientation socialiste, quelles que soient leurs contradictions inévitables dans le contexte actuel de la mondialisation capitaliste, doivent être fermement défendus à la fois contre les tentatives de déstabilisation contre-révolutionnaires, d’encerclement politico-militaire et de prise en main opportuniste par les émules éventuels du gorbatchévisme et autres forces de restauration capitaliste.
- Les partis et mouvements communistes et ouvriers qui n’ont pas renié le combat de classe contre le capitalisme pour rallier la sociale-démocratie dont les principaux dirigeants européens sont les piliers de l’Europe Atlantique ou des Etats-Unis.
- La classe ouvrière des pays capitalistes, dont les intérêts fondamentaux sont directement antagoniques de l’orientation pro-impérialiste d’un grand nombre de dirigeants pseudo socialistes.
- Au Moyen-Orient, la Résistance du peuple irakien et le combat des populations palestiniennes pour le droit à la vie dans un état libre et indépendant. La lutte courageuse et difficile d’une minorité d’Israéliens pour une solution négociée et juste.
- Le mouvement de libération nationale des peuples anciennement colonisés ou en voie de recolonisation, qu’ils s’agissent de l’Afrique, de l’Asie du Sud-Est, de l’Amérique Latine ; il faut distinguer au sein de ce mouvement entre les forces progressistes, patriotiques et modernisatrices, et bon nombre de forces obscurantistes, chauvines, racistes et intégristes que l’impérialisme s’emploie à instrumentaliser pour diviser les Etats-nations et faciliter leur recolonisation. Au sein de ces mouvements, il faut distinguer entre la base populaire qui cherche les voies d’une résistance conséquente à l’impérialisme et les dirigeants réactionnaires qu’il faut dénoncer sans ambiguïté.
- Les populations laborieuses des anciens pays socialistes dont l’industrie et l’agriculture nationales ont été ruinées ou étroitement soumises aux grandes sociétés occidentales.
- Le mouvement mondial pour la paix qui entraîne derrière lui des millions d’hommes et spécialement de jeunes qui prennent peu à peu conscience de la nature proprement exterministe du capitalisme impérialiste ; ce mouvement doit se lier plus étroitement au mouvement “anti-mondialiste” ou “alter-mondialiste”. Les militants de la Renaissance Communiste soutiennent ces mouvements de manière largement unitaire, y apportent leur analyse et leur contribution, mais sans s’y dissoudre. Il convient au contraire d’y faire progresser la conscience anti-capitaliste et anti-impérialiste, de montrer les liens étroits entre impérialisme US, globalisation capitaliste et construction de l’Europe supranationale.
- La défense de la souveraineté des nations et également un terrain primordial de mobilisation contre la globalisation et la mondialisation capitaliste. Aujourd’hui, ce ne sont plus seulement les nations du Tiers Monde dont l’indépendance est anéantie, mais bon nombre de nations capitalistes dominantes, anciennement dominantes ou potentiellement dominantes dont la liberté politique et les spécificités culturelles sont niées par le nouvel ordre mondial, sa pensée unique, son totalitarisme économique et culturel, sa tendance au regroupement supranational et sa propension à manipuler les tensions interethniques pour faire éclater les états multinationaux (URSS, RSFY) ou les Etats-nations (France). En aucun cas, il ne peut s’agir de soutenir des nationalismes ethniques. Il faut au contraire défendre l’égalité, la liberté et l’amitié entre les nations. C’est seulement par cette voie, qui conduira peu à peu au dépassement des nations dans une République universelles des travailleurs que l’humanité progressera vers son unité dans la diversité des cultures et des approches au lieu de sombrer dans la langue unique et dans le totalitarisme cauchemardesque d’un empire mondial du capitalisme et de ses “valeurs” inhumaines.
- Dans cette perspective, il est particulièrement important de défendre la souveraineté et l’unité des grands ensembles comme la Russie, la Chine populaire ou l’Union indienne qui sont dans le collimateur de l’impérialisme : empêcher les possibilités de résurgences socialistes, ou de mise en place d’un socialisme développé, ou crainte d’y voir émerger des rivaux capitalistes luttant pour leur part du marché mondial, etc., au risque de rompre l’actuel monopole conflictuel du Tripôle USA-UE-Japon…
- Il est tout aussi indispensable de développer l’action pour la défense des libertés démocratiques, des principes de souveraineté populaire, de laïcité, d’égalité entre les sexes et d’anti-fascisme. A cet égard, Renaissance Communiste soutient tout particulièrement le mouvement international de solidarité envers les cinq Cubains emprisonnés à vie à Miami et avec Mumia Abu Jamal, symboles de la lutte contre l’oppression du régime obscurantiste, militariste et belliciste de Bush Junior.
- La défense de l’avenir de la vie et de l’humanité sous toutes ses formes, qu’ils s’agissent de l’écologie, de la bioéthique, de l’action pour empêcher le dévoiement de la science vers les technologies de mort et l’accumulation sans limite du profit privé, comme l’a montré l’irresponsable refus des USA de ratifier le protocole de Kyoto sur les gaz à effet de serre. L’exterminisme capitaliste se manifeste aujourd’hui par une morale de l’irresponsabilité envers les nouvelles générations ; ce n’est pas seulement pour développer le progrès social, c’est au final pour sauver l’humanité qu’il faut mettre un terme aux déprédations du profit-roi.

VI /SUR LA RENAISSANCE DU MOUVEMENT COMMUNISTE INTERNATIONAL

Pour autant la lutte anti-impérialiste ne se suffit pas elle-même. Elle ne peut d’ailleurs retrouver sa vigueur et son efficacité sans une véritable avant garde internationale. C’est pourquoi il faut pas à pas, sans précipitation mais sans atermoiement, remettre à l’ordre du jour la discussion sur la reconstitution du Mouvement Communiste International.
C’est d’abord un constat tiré de l’expérience historique qui doit nous y emmener. Les divisions successives subies par le MCI dans les années 1960 (schisme sino-soviétique) puis dans les années 1970 (Eurocommunisme) ont gravement affaibli l’idée du communisme et facilité la contre-offensive capitaliste dans chaque pays.
C’est ensuite une réflexion d’autodéfense élémentaire : comment faire le poids face au capitalisme remondialisé, comment unir sur des bases progressistes l’ensemble des forces hostiles à l’impérialisme, comment donner sens politique à la mondialisation des échanges, à la socialisation des productions et l’internationalisation croissante des classes ouvrières, sans reconstituer le MCI, seule possibilité de faire émerger le prolétariat international en tant que sujet politique sur la scène mondiale et de se donner les moyens internationaux de combattre les Etats majors cosmopolites du capital, G8, OTAN, OMC, FMI et autres coalitions contre-révolutionnaires.
Renaissance Communiste, sans redouter le moins du monde le principe d’une nouvelle Internationale Communiste, prolongeant la IIIè Internationale et le MCI, tout en tirant les leçons de leurs insuffisances, constate la nécessité concrète de faire de premiers pas vers la reconstitution du MCI, au moins sous la forme d’un forum permanent ou périodique des partis et mouvements communistes de chaque pays. C’est d’autant plus nécessaire que les PC ou MC ont disparu ou peuvent disparaître dans nombre de pays alors que des situations aiguës d’affrontement de classe s’y sont faites jour ou sont en passe d’y mûrir.
Mais c’est pour une raison de fond que la renaissance du MCI, quelle qu’en puisse être la forme, est historiquement nécessaire : la mondialisation capitaliste signifie avant tout que la contradiction mise en évidence par Marx entre le caractère social croissant de la production et l’appropriation capitaliste privée des fruits du travail, a pris un tour universel et explosif. Comment l’humanité pourrait-elle survivre et se développer au XXIè siècle sans mettre en commun ses moyens de production, son savoir et ses recherches, la gestion des ressources naturelles et des technologies, et sans les planifier rationnellement et démocratiquement en fonction des besoins cruellement insatisfaits de milliards d’humains ? Encore une fois le communisme n’est plus seulement un question de choix de société. Face à la déraison capitaliste, il est à terme le seul espoir de survie pour l’homme.
Le communisme ne va pas apparaître spontanément de l’écroulement du capitalisme. Celui-ci peut pourrir indéfiniment ou entraîner l’humanité dans des catastrophes sans précédent. Cela nécessite bien évidemment une force politique organisée, capable de diriger de manière appropriée à notre époque, de penser théoriquement la lutte de classe pour un société sans classe qui est la seule manière de dépasser par le haut les contradictions mortelles du capitalisme. Par son ancrage dans la seule classe dont les intérêts sont objectivement convergents, la classe des travailleurs salariés productifs, par son héritage théorique impressionnant à partir des enseignements fondamentaux du socialisme scientifique élaborés par Marx, Engels et Lénine, est à même d’assimiler le meilleur de l’acquis scientifique et démocratique de l’humanité.

Le MCI de nouvelle génération auquel nous aspirons est le seul moyen, au-delà des aspects politiques immédiats de notre combat, pour rendre espoir et perspective historique à des milliards d’hommes en plein désarroi. Nous avons besoin d’un MCI franchement communiste, c’est-à-dire refusant clairement à la fois le révisionnisme, l’opportunisme de droite et l’opportunisme de gauche notamment le trotskisme. Cela signifie à la fois être ferme contre la criminalisation de notre histoire commune et une grande ouverture d’esprit sur l’analyse critique de la première expérience socialiste de l’histoire. Cela signifie aussi une référence positive au marxisme et au léninisme sans lesquels nous ne pourrions même pas parler de “re”-naissance du MCI, et la décision ferme de refuser le dogmatisme en privilégiant clairement la recherche, le débat et le travail théorique.
Nous avons besoin d’un MCI démocratique et fraternel écartant la tentation de s’en remettre à un “centre” qui de toute évidence n’existe pas aujourd’hui. Pour faire de premiers pas vers la reconstitution du MCI après les forums et appels communs suscités notamment dans la dernière période par le PC de Grèce, le PC de Bohème-Moravie, le parti de Travail de Belgique, il nous semble indispensable de privilégier les “travaux pratiques” de l’internationalisme à la modeste échelle de notre mouvement. Nous y avons contribué en soutenant l’action du Comité Honecker de Solidarité Internationalisme (CHSI) qui en solidarité avec les communistes persécutés dans les ex-pays socialistes a multiplié les campagnes contre la chasse aux sorcières communistes en Allemagne, contre l’équation scandaleuse : URSS = IIIè Reich, contre la criminalisation du socialisme et la réhabilitation doucereuse du nazisme qui en est l’effet. Défendre ensemble les communistes persécutés et plus généralement les anti-fascistes, anti-impérialistes, de Sison aux derniers dirigeants de la Tchécoslovaquie socialiste, défendre et assurer ensemble notre histoire, notamment la Commune de Paris, la Révolution d’Octobre et Stalingrad, c’est le “minimum vital” pour reprendre pied dans la tourmente des idéologies opportunistes, capitulardes et contre-révolutionnaires. Défendre ensemble le socialisme ou le potentiel d’orientations socialistes qui existe dans des conditions internationales difficiles, en Chine, au Vietnam, au Laos, en RPDC, à Cuba, est également la pierre de touche d’un internationalisme conséquent. A cet égard, la solidarité politique avec Cuba socialiste que l’impérialisme et la “contra” s’efforcent de prendre en tenaille nous semble être le devoir internationaliste prioritaire des communistes qui ne confondent pas la démocratie bourgeoise, de plus en plus fausse et hypocrite, et la démocratie socialiste d’un véritable pouvoir populaire. Le rôle des communistes est aussi de participer aux grands rassemblements contre la globalisation capitaliste et contre les guerres impérialistes en leur donnant une véritable portée anti-capitaliste. Enfin, s’agissant spécialement des communistes qui militent entre l’Atlantique et l’Oural, il est capital qu’ils coordonnent leurs efforts pour contrer la mise en place de ce nouveau bloc impérialiste en formation qu’est l’UE en faisant échec aux projets de constitution européenne, d’Etats-Unis capitalistes d’Europe, d’armée européenne, et en donnant une impulsion décisive à l’Europe des luttes ouvrières et paysannes des deux côtés du continent. Nous pensons que de la sorte, les liens rompus se renoueront et que l’unité d’action permettra peu à peu de ressouder l’unité idéologique, politique, et le moment venu, organisationnelle du communisme international.

CONCLUSION

Malgré la résistance magnifique du peuple irakien, le monstre impérialiste à réussi à occuper l’Irak après avoir, avec ses alliés européens, démembré la Yougoslavie et occupé l’Afghanistan. Israël, fort du soutien de leur maître yankee, continue de s’opposer aux droits légitimes du peuple palestinien en perpétrant des massacres contre la population civile et en prenant le risque de provoquer, avec la construction du mur, un véritable génocide à l’encontre des habitants privés d’accès à leurs points d’eau et à leurs terres cultivables. De lourdes menaces pèsent sur la Syrie, Cuba, la RPDC, la Colombie, l’Iran ; la France est boycottée aux USA et les contradictions inter-impérialistes sont aggravées par la récession larvée de l’économie capitaliste. Signes inquiétants, après le bombardement “fortuit” de l’ambassade chinoise à Belgrade, les troupes Yankees ont pris pour cible l’ambassadeur russe quittant Bagdad. Une opération de déstabilisation de Cuba se heurte à une vive et juste riposte des dirigeants révolutionnaires et du Parti Communiste Cubain. Le catastrophique élargissement européen à l’Est se met en place sans consultation des peuples et le carcan du traité de Maastricht risque fort, si nous ne nous unissons pas pour le faire avorter, d’être verrouillé à jamais par une Constitution européenne qui signerait l’arrêt de mort des nations d’Europe et freinerait la marche au socialisme sur notre continent. De même qu’au niveau de chaque pays, où le choix pour les travailleurs en lutte est de se battre tous ensembles ou d’être battus séparément, il nous faut donner un signal d’unité à l’échelle internationale.
La Renaissance Communiste, dont la tâche principale est de faire revivre une véritable organisation communiste en France, aspire ardemment à renouer des liens internationaux suivis, sans préjuger de leur forme.
Nous avons la force d’arrêter le monstre impérialiste en marche, de stopper l’offensive néolibérale et le processus de fascisation rampante des institutions politiques. Sans cela, nous risquons d’être tous écrasés successivement et l’humanité poursuivra sa course folle à l’abîme sans même comprendre ce qui lui arrive. A l’inverse, si nous nous unissons, nous ne serons pas longs à obtenir des victoires et à reprendre peu à peu l’initiative historique. Les impérialistes ne sont qu’une poignée alors que les communistes, s’ils s’unissent, représentent les intérêts objectifs de l’écrasante majorité des sept milliards d’humains et ils portent l’espoir des générations à venir face au “no future” de l’exterminisme capitaliste.

Par Renaissance Communiste - Publié dans : Textes fondateurs
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