22 avril : ultimes conseils à propos d’un scrutin à haut risque
-au 1er tour, il y a deux risques majeurs ;
a) au premier tour, celui de laisser marginaliser le non progressiste à la constitution européenne. En effet, la bourgeoisie veut imposer un second tour, soit entre deux « grands » candidats pro-Maastricht (Sarko, Royal ou Bayrou), soit entre deux fachos, Sarko et Le Pen, tous deux étant d’ailleurs pro-européens (Le Pen a voté l’Acte unique européen). Il faut préserver l’espace de résistance issu du Non populaire du 29 mai 2005. De manière déformée, la « gauche de la gauche » est porteuse d’aspirations anticapitalistes ; elle occupe la place qui fut celle du vrai PCF, avant qu’il ne soit dénaturé par la « mutation » de Hue et de Buffet.
b) Parmi les antilibéraux, aucun ne propose tout ce qui serait nécessaire pour une politique progressiste; au lieu de se mettre à la remorque de tel ou tel, le PRCF appelle tactiquement chacun à choisir l’un des candidats de gauche qui ont voté Non en 2005. Certains camarades veulent utiliser un bulletin rouge ou un programme candidat du PRCF ; c’est compréhensible, mais qu’ils sachent qu’un tel bulletin, compté « nul », n’aurait pas d’impact national visible pour sauver l’espace anticapitaliste à gauche de Royal.
Parmi les candidats issus du « non de gauche », le PRCF fait les remarques suivantes :
1) Laguiller soutient l’euro et déclare qu’« il ne s’agit ni d’exproprier ni de nationaliser les entreprises, mais simplement de les contrôler et de les rendre transparentes » : les capitalistes sont tranquilles !
2) Bové crache sur l’histoire du PCF, sur Cuba et sur l’héritage jacobin ; il veut faire du parlement européen une « constituante ». Avec le refondateur Braouézec, Bové prépare un « parti de gauche » qui occuperait sur des bases gauchistes le terrain d’une future renaissance communiste !
3) Buffet a encore pour elle quelques vrais communistes, mais l’ex-ministre de Jospin ne se présente pas au titre du PCF. Son programme euro-réformiste est en-deçà du programme du PS en 81 : silence sur les nationalisations, illusion de « réorienter » à gauche la « construction européenne » en « renégociant la constitution européenne », flexi-sécurité danoise rebaptisée « sécurité emploi-formation »… MGB veut la « réussite de la gauche » et ses soutiens « huistes » répètent : il n’y a qu’une gauche ; demain le PCF pourrait donc à nouveau s’associer au PS au gouvernement ou au parlement pour cautionner une politique de privatisation, comme Buffet l’a fait entre 97 et 2002… et comme le fait Bertinotti, le président italien du Parti de Gauche Européen (le PCF lui est affilié !), qui est devenu le bras gauche de Prodi !
4) Besancenot attaque de manière peu responsable le drapeau tricolore qu’il oppose au drapeau rouge : quel cadeau à Le Pen ! Cependant si Royal est élue, la LCR a déclaré qu’elle resterait dans l’opposition.
5) Comme le PRCF, Schivardi veut sortir la France de l’Europe du capital. A la rencontre entre le PRCF et Schivardi, celui-ci s’est prononcé à notre demande pour la souveraineté nationale et contre la chasse aux sorcières anticommuniste en Europe ; mais aucun communiqué commun n’a pu être publié; d’ailleurs le PT a transformé la campagne « des maires » en tremplin pour un futur « parti ouvrier » introuvable sur la profession de foi de Schivardi ! Or c’est d’un vrai PC, d’un Front républicain antifasciste et anti-Maastricht et non d’un parti ouvrier sans rivage qu’a besoin le mouvement populaire !
Avec ces éléments d’appréciation (lire les professions de foi !), chacun devra faire son choix, sans se réfugier dans un boycott, peu responsable en période de fascisation !
Le 2ème danger : comment conjurer un second tour Sarko-Le Pen ?
Voter Royal au 1er tour pour éviter un second tour Sarko-Le Pen, c’est jouer perdant. Si Royal a besoin de « vidanger » au 1er tour la gauche de la gauche pour devancer Le Pen, elle ne sera pas élue au second tour quoi qu’on fasse ! En ce cas le « vote utile » Royal aura sacrifié en vain la « gauche de la gauche » et la résistance future ! Le problème du PS, c’est que son programme est si peu à gauche que beaucoup lui préfèrent Bayrou en l’imaginant plus apte (?) à battre Sarko au second tour. Le vote Bayrou est donc un piège : c’est le « coude à coude » Royal-Bayrou » qui permettrait à Le Pen de se qualifier ! Voilà ce qu’il faut expliquer, et non sacrifier le Non de gauche pour rallier au 1er tour le PS « royal-ouiste » et l’aider à enterrer la future opposition de classe dans notre pays !
Au second tour, le PRCF n’apportera aucun soutien politique à un candidat maastrichtien, qu’il s’agisse de Bayrou ou de Royal, deux adversaires de classe ; le PRCF appellerait au boycott d’un duel Sarko/Le Pen e appelant à la RESISTANCE, car lequel de Sarko ou de Le Pen est le plus extrémiste ?
Mais devant le danger fasciste, le PRCF ne jouera pas les Ponce Pilate ; il appellerait tactiquement à faire le nécessaire pour battre Sarko et/ou Le Pen, les candidats de la fascisation ; le danger est de se croire encore en 69, dans la lancée de mai 68, quand le PCF déclarait justement à propos du duel Pompidou/Poher blanc bonnet/bonnet blanc ; en 2007, c’est le grand capital qui est à l’offensive : ne banalisons pas la candidature Sarko, celle de la rupture fasciste, raciste, bushiste, ultra-maastrichtienne et patronale avec 1789 et la Résistance !
Quel que soit le résultat de cette élection piégée, le PRCF appellera à l’OPPOSITION populaire, à la convergence d’action des communistes, au front antifasciste et anti-Union européenne ! Réunie entre les deux tours, la direction du PRCF affinera l’analyse ; le 24 avril, le 1er tour sera commenté sur le site.
G. Gastaud, secrétaire national
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